Littérature

Au revoir là-haut

Concernant mes lectures, je peux avoir 3 types d’attitudes :

→ acheter un ou plusieurs bouquins qui finalement dormiront sur mes étagères pendant quelques mois, voire années, jusqu’à ce que je le(s) redécouvre avec émerveillement (« Non mais ça a l’air vachement bien ça en fait ! »)

→ acheter un ou plusieurs bouquins que je vais lire d’une traite parce que le pitch m’a vraiment vraiment vraiment donné envie, ou bien parce que j’aime vraiment vraiment vraiment VRAIMENT beaucoup l’auteur (David, si tu nous regardes…)

→ hésiter, tourner autour d’un livre pendant pas mal de temps… (et puis finir par l’acheter quand même, bien sûr !) (pour au final adopter l’attitude 1 ou 2) (« Je n’suis pas folle vous savez ! »)

Pour Au revoir là-haut, j’étais sur un code de type 3. J’ai souvent voulu le lire, et puis finalement, un film sortait, un autre livre me faisait de l’œil… Bref c’était jamais le bon moment !

Et puis, au début de l’été, je suis tombée sur un article qui annonçait qu’Albert Dupontel préparait une adaptation du livre, et que le film sortirait en octobre. Étant plutôt amatrice en général du travail de ce cher Albert, ma curiosité concernant l’ouvrage de Pierre Lemaître s’est réveillée.

J’ai fait le choix de ne pas regarder le teaser du film, pour ne pas être influencée dans ma lecture, pour me créer mon propre univers, m’imaginer les personnages, etc.

Me voilà donc plongée dans cette histoire d’une rencontre, que seule une guerre comme celle de 14-18 aurait pu provoquer. La rencontre entre Albert (pas Dupontel, un autre !), modeste petit comptable dont le manque d’ambition et le petit côté simplet désespère beaucoup sa mère, et Édouard, jeune artiste exaltant et exalté issu de la bourgeoisie parisienne, brouillé avec un père qui n’a jamais su accepter ce fils turbulent et exubérant.

Albert et Édouard ont traversé la guerre ensemble, sans se connaître vraiment. Camarades dans la même compagnie, ils se sont aperçus, observés, lancé des regards sur le champ de bataille. Et puis, quelques jours à peine avant la signature de l’Armistice, c’est la « bataille de trop ». Albert, qui a le chic pour se mettre dans des situations qu’il ne choisit absolument pas et qu’il n’arrive pas du tout à gérer, s’attire les foudres de l’officier de sa compagnie et se retrouve prisonnier d’un trou d’obus.
L’histoire aurait pu s’arrêter là, avec ce pauvre Albert mourant asphyxié sous des kilos de terre, en compagnie d’une tête de cheval (ce détail a son importance…!). Mais Albert sera secouru par Édouard, qui restera marqué à vie par cette rencontre (c’est le moins qu’on puisse dire), puisqu’il sera gravement blessé par un éclat d’obus et deviendra ce qu’on appelle « une Gueule Cassée ».

J’ai été très touchée par ce roman dans lequel on suit la relation un peu particulière de ces deux hommes que tout sépare et qui dépendent finalement l’un de l’autre. On y voit Albert se démener pour que son camarade puisse recevoir les meilleurs soins, pour qu’il s’accepte, pour qu’il continue à vivre. On observe Edouard, qui n’a de cesse d’être partagé entre une profonde colère contre Albert, sans qui sa vie n’aurait pas été la même, et une indéniable tendresse pour cet homme qui ferait tout pour lui.

On les accompagne dans leurs débrouilles, dans leurs magouilles, puisque de toute façon la société dans laquelle ils vivent désormais ne veut pas voir des hommes comme eux (« La France glorifie ses morts et oublie les survivants »).

Dans Au revoir là-haut, il y a de l’amour, il y a du cynisme, il y a la guerre, il y a des masques. Il y a des « méchants », des « gentils ». Il y a ceux qui profitent, ceux qui subissent, ceux qui tirent leur épingle du jeu. Il y a des revanches, des punitions, des sorts bien mérités. Il y a une famille (de sang) décomposée, une famille (de coeur) recomposée.  Il y a une petite fille. Il y a une tête de cheval. Il y a des dessins. Il y a une certaine poésie aussi. C’est un beau bordel. Bref, c’est la vie.

(Bon et puis, c’est aussi le Prix Goncourt 2013 !)

Bonne lecture 🙂

Le Joli

PS : Le film d’Albert Dupontel sortira le 25 octobre, et je sais pas vous, mais moi j’y serai !

3 réflexions au sujet de “Au revoir là-haut”

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