Cinéma

Donoma : une harmonie de la rupture.

Cinéaste détonnant, Djinn Carrénard déjoue les codes classiques du 7e art ; entre mode de production en marge et personnages à la dérive…

Donoma : une harmonie de la rupture.

 

Lorsque Djinn Carrénard joue du violon d’Ingres…

   Carrénard, un nom qui sonne, résonne tel un écho, au cœur du générique du film Donoma, détonne à tous les postes, de réalisateur à scénariste en passant par chef opérateur et ingénieur du son. Investissant le champ de l’autoproduction, il s’inscrit au cœur du cinéma indépendant.

   En homme-orchestre, les instruments se multiplient, se métamorphosent entre les mains de Djinn Carrénard. Dès lors, ce réalisateur se joue de la platitude de l’image vidéo, en parant sa caméra HDV d’objectifs d’appareils photo ; déjoue la contrainte du son, qui entrave le mouvement, par le biais de micros HF… Accompagné par une troupe soudée et 150 euros, ce jeune maestro nous livre un film réalisé avec brio, soutenu uniquement à la post production.

 … Il orchestre un film choral…

   De ce film choral émane un rythme oscillant sans cesse entre crescendo et decrescendo, un tempo fragmenté en quatre partitions, quatre histoires d’amour qui se frôlent mais ne s’enlacent pas, s’inspirent de la vie sans jamais l’imiter.

   D’un scénario désacralisé, jaillit l’importance du langage, de la communication, qu’une technique d’improvisation dirigée rend dès lors palpable. Au fil des plans, la parole confère aux divers fragments de vie, une nouvelle intensité, dénotant au détour d’une scène le rapport de force qui émerge inexorablement de l’ensemble des relations amoureuses oscillant entre équilibre et déséquilibre, étreintes et ruptures. Du tumulte de la parole, du capharnaüm langagier, point ainsi une ineffable poésie.

… où la poésie devient le contrepoint du réel.

   Issu d’une précarité technique, le réalisme transperce l’image, la photographie crève l’écran. Les comédiens livrent avec justesse et âpreté les sentiments ressentis par les jeunes de 20 à 30 ans, donnent le ton à des dialogues ciselés qui frappent, bouleversent, provoquent avec finesse le spectateur. Les histoires s’accordent, se désaccordent, laissant se répendre au creux d’un réalisme cru, parfois amer, une poésie mimée, parlée, colorée qui sublime l’esprit.

   En somme, si vous aimez les claques cinématographiques, tendez la joue vers Donoma !

Le Chou

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