Cinéma

Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Connaissez-vous Joel et Clémentine ?

Joel et Clémentine se sont beaucoup aimés. Ils se sont beaucoup déchirés aussi. Aujourd’hui, ils ne s’aiment plus. Ou plutôt, la souffrance et les rancunes ont pris le dessus sur l’amour.

Clémentine ne veut plus souffrir. Alors elle se rend dans une clinique qui a mis au point un nouveau procédé, Lacuna, qui permet d’effacer toutes traces d’une relation de la mémoire du patient qui souhaite y avoir recours. Clémentine oublie Joel.

Mais que se passe-t-il quand vous vous retrouvez face à la personne que vous aimez le plus, et que celle-ci n’a plus aucun souvenir de vous ? C’est ce qui arrive à Joel, qui lui, n’a rien oublié.
Passé le choc de la découverte, il décide qu’il ne veut pas être le seul à garder en mémoire les vestiges de cette histoire chaotique, dont aucun d’entre eux n’est, finalement, sorti indemne.

Il s’inscrit donc au programme et accueille, quelques jours plus tard, l’équipe qui se chargera d’effacer la moindre trace de souvenir de Clémentine de son esprit pendant son sommeil.
Dès lors, le film se poursuit dans les méandres de la mémoire de Joel, qui va voir plein de petits bouts de Clémentine s’effacer. Mais finalement, en a-t-il vraiment envie …?

Eternal Sunshine of the Spotless Mind, c’est le film que l’on doit (selon moi) visionner plusieurs fois. Pour ma part, la première fois ne m’a pas du tout marquée. Peut-être parce que j’étais une ado qui n’avait pas encore eu d’amoureux. (Ou peut-être aussi parce qu’il était 4h du matin au lancement du DVD ahah !)

J’y suis revenue quelques années plus tard, et ça a été une révélation pour moi. Michel Gondry nous offre une pépite bourrée de poésie et de mélancolie, mais surtout, en grande partie, une ode à l’amour (en tout cas, c’est ce que moi j’en retiens !).
Pourquoi une relation se termine-t-elle ? Qu’est ce qui fait qu’elle a commencé ? Aurait-elle pu continuer ?

On se met, comme Joel, à s’accrocher à chaque petite parcelle de souvenir, comme si c’était vital. On liste chaque petit détail qu’on chérit chez la personne qui partage (ou partageait) notre vie. Est-ce qu’on aime encore ? Est-ce qu’on aime toujours de la même manière, toujours aussi fort ? Est-ce qu’on aime encore plus qu’au début ? A-t-on encore besoin de cette personne dans notre vie ?
Ou bien… on comprend que s’accrocher est inutile. Que même si les souvenirs sont là, on préfère qu’ils restent là où ils sont désormais.

Michel Gondry souligne avec justesse et tristesse aussi, la complexité des relations qui laissent des traces en chacun de nous (d’où le titre, qu’on pourrait traduire littéralement par « L’éclat éternel de l’esprit immaculé »).

Sommes-nous destinés à rencontrer, à aimer une personne ? Est-on prisonnier d’un amour ? L’amour est-il inaltérable ?
Autant de questions qui semblent bateau, qu’on pourrait trouver dans n’importe quel téléfilm de l’après-midi sur M6 ou qui, de toute façon, ont été explorées bien souvent, dans beaucoup de films, quels que soient leur genre et leur qualité. Mais Michel Gondry le fait avec justesse, en portant un regard attendrissant sur chacun de ses personnages (parce qu’il n’y a pas que Joel et Clémentine dans l’histoire !).

Ma critique de ce film n’en est pas vraiment une, finalement. En fait, il n’y a aucune objectivité dans tout ça. Il y a aussi beaucoup de désordre ; comme dans le film. Je ne suis pas sûre d’être bien claire. Je pense que le ressenti qu’on peut avoir en regardant ce film est vraiment propre à chacun, et qu’il est difficile de retranscrire de manière simple et concise les émotions qui nous traversent, qui nous transpercent lors du visionnage. Peut-être même qu’on peut ne rien ressentir. Qui sait ? À vous de me dire !

Je terminerai par une citation d’Alexander Pope, dite par Mary dans le film, que je trouve à la fois très belle et très triste :

« Vous qui dans les langueurs d’un esprit monastique
Ignorez de l’amour, l’empire tyrannique,
Que vos coeurs sont heureux puisqu’ils sont insensibles.
Tous vos jours sereins, toutes vos nuits paisibles »

Le Joli

Eternal Sunshine of the Spotless Mind – Michel Gondry – 2004

2 réflexions au sujet de “Eternal Sunshine of the Spotless Mind”

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