Cinéma

The Lobster.

Aujourd’hui j’ai vu The Lobster.

Ce film, qui en 2015 m’avait tenté et que j’avais naïvement laissé filer, est une petite révélation pour moi. Tout d’abord, parce qu’il me fait prendre la plume immédiatement après son visionnage et me fait affirmer sans nul doute sa grande qualité. Puis, tout simplement parce qu’une multitude d’aspects sont à aborder tant le film est riche : la notion du temps, la qualité des images, Colin Farrell, le sujet, le scénario et malheureusement, Léa Seydoux.

Yórgos Lánthimos, que je découvre ici pour la première fois, me fascine par sa mise en scène et sa façon de l’imbriquer dans une temporalité particulière. Film lent sans être long, l’histoire bénéficie d’un temps étiré pour appréhender au mieux l’originalité du propos, de ces personnages et des émotions sensibles et inhumaines à la fois qui nous seront montrés.

L’histoire est (presque) simple : pour vivre en société, il faut être en couple. Sinon, vous serez transformés en l’animal de votre choix. Ainsi, si par un malheur de la vie vous vous retrouvez de nouveau célibataire, vous serez envoyés dans un centre pour « trouver l’amour ». Vos jours sont alors comptés, l’altruisme n’est pas nécessaire et les punitions tombent si vous vous écartez du but à atteindre. Notre petit Colin Farrell arrive donc ici et c’est la seule chose à savoir. Le reste se découvre à la lueur de la curiosité et de l’amour des histoires bien construites.

Malgré tout, ce que je peux vous assurer c’est une réalisation sans défaut, un film en deux parties, des plans en forêt à couper le souffle qui vous feront regretter de ne pas l’avoir vu en salle et une réflexion sur la notion du couple. Bercés dans une société qui associe quelque peu l’accomplissement d’une vie à la construction d’une vie de famille, on est ici face au sujet poussé à l’extrême. « Si vous avez des disputes insurmontables, on vous attribuera des enfants. Ça aide beaucoup. » L’idée est là. Sous couche de « la vie à deux, c’est mieux », on verra évoluer l’individualisme, dans lequel Colin tentera de se fondre un moment. Sur ce fond de construction rapide de sentiment, inévitable pour survivre, il est indéniable que quelques péripéties vont pointer le bout de leur nez.

Critique de l’amour préfabriqué et malhonnête, on verra que les « sauveurs » ne seront pas forcément plus bons que les « méchants ». Le plus ironique sera de voir que la seule chose réconfortante est l’amour véritable et que, si par chance vous le trouvez, finalement la « société » s’opposera exactement à celui-ci, l’entourage vous mettra des bâtons dans les roues et c’est sur soi qu’il faudra compter pour le vivre pleinement. Douce éloge de l’amour donc, mais surtout une surprenante manière de l’aborder. L’idée de base est simple, la façon de l’amener, sur le papier, l’est moins et pourtant la mise en image se fait toute seule. La narration par cette voix off, qui accompagne le personnage principal et parsème l’histoire d’éléments encore inconnus à l’instant T, participera au format mystérieux de l’intrigue et ne s’expliquera qu’en seconde partie.

IMG_5885.CR2Le casting de ce film est aussi doux que puissant. Par leur manière d’être simples, on sent des êtres profonds. Profondément abîmés, profondément lassés, profondément tristes. Rachel Weisz est magnifique, Colin Farrell est (bedonnant certes) à la fois toute en retenue et à la fois authentique, John C. Reilly nous donne sa traditionnelle tendresse de gentil paumé et leur talent est subtilement révélé par le réalisateur. Je dirai peu sur notre Léa Seydoux nationale, j’ignorais sa présence au générique et son apparition ne m’a pas ravie. Difficile de faire la part des choses entre mon désamour pour elle et sa mauvaise interprétation. Je vous en laisserai seul(e)s juge(s)…

Objectivement, si j’avais décidé de ne pas écrire tout de suite, c’est une (beaucoup trop) longue analyse que vous auriez pu lire. Il est évident que ce film, est particulièrement bien abouti, que ce soit sur l’utilisation du son, de l’image, dans son schéma à la fois simple et complexe, et surtout dans la palette d’émotions qu’il vous renvoie. A mon sens, The Lobster se place tout naturellement dans la catégorie des films intelligemment réussis et rien que pour ça, il vaut un sérieux détour!

La Moustache

The Lobster de Yórgos Lánthimos – 2015

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20 réflexions au sujet de “The Lobster.”

    1. Oh ❤ Lire cette dernière phrase me touche beaucoup!
      J'avoue que ce que je trouve fascinant dans le film c'est effectivement cette douce gifle que tu te prends du début à la fin, subtilement mais surement 🙂 !

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        1. Ahah complètement, c’est vrai qu’il a un petit côté mélancolique qui nous emmène et, clairement, je pense que le voir en étant crevée et/ou déprimée n’est pas une bonne idée^^! On devrait soumettre l’idée d’une pastille « Film modifié selon l’humeur » 🙂

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    1. J’avoue que je voulais le voir à sa sortie mais sans m’attendre à rien et là ça a été la vraie belle surprise. J’espère pour toi que tu auras le même sentiment. J’ai hâte d’avoir ton avis en tout cas 🙂

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    1. On te souhaite le meilleur pour cette belle année qui commence aussi !
      C’est tellement chouette d’avoir vos retours et de pouvoir partager nos goûts et nos couleurs ensemble =) !

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  1. Tout comme Alberte ! Je l’avais beaucoup aimé quand je l’ai vu au cinéma et à présent, je n’ai qu’une envie : le revoir ! Et c’est uniquement grâce à toi car je l’ai vu passer quelques fois sur Netflix sans trop m’y arrêter, mais je viens de le mettre dans ma liste pour le revoir au plus vite. Merci pour ce très bel article à l’enthousiasme contagieux !

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      1. Pour Léa Seydoux, c’est une catastrophe ce flou qui réside autour de cette femme! J’avoue, objectivement je pense qu’elle joue mal 3 fois sur 4 et qu’elle manque cruellement de relief =)

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    1. J’avoue que je l’ai vu passer sur Netflix là et étant toute novice sur la plateforme (j’avais résisté encore et toujours à l’envahisseur jusque là…) du coup j’ai sauté sur l’occasion et…c’est vrai que j’ai eu un gros regret de l’avoir loupé sur grand écran. Je m’attendais à un objet étrange mais, pas vraiment à ce point. Je trouve qu’on nous montre l’absurdité de la réalité en nous immergeant dans un monde doucement surréaliste. ET ça j’adooore! Merci pour ton retour en tout cas, c’est toujours un plaisir d’échanger avec toi petite oursebibliophile!

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  2. Roooh, j’ai gagné le DVD à l’époque, et je ne l’ai toujours pas vu ! Merci du rappel =D (du coup, je me suis contenté des deux premières lignes de ta chronique, j’essayerai d’y repasser une fois vu !)

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