Littérature

J’aime tout ce qui me rappelle que je ne suis pas seule à souffrir sur cette terre

Sur mes étagères, les livres s’accumulent, les histoires s’entassent, les pages se cornent, les personnages se rencontrent. Moi dans tout ça, je pioche, au fil de mes envies, de mes humeurs, de mes états d’âme ou de ma curiosité.

Il y a quelques jours, j’ai donc rencontré Loveday. Et je n’ai vraiment pas été déçue du voyage… !

unnamedjkDans une petite ville d’Angleterre, Loveday Cardew travaille depuis son adolescence dans une librairie d’occasion tenue par l’inimitable Archie, son patron.
Marginale et solitaire, elle préfère depuis longtemps maintenant la compagnie des livres à celle de ses semblables. Elle passe donc ses journées à trier, indexer et soigner chacun des livres qui passent la porte de la librairie, parfois dénichés par Archie ou tout simplement déposés devant le magasin dans des cartons.
Loveday, qui n’a pas eu une vie des plus heureuses depuis la tragédie qu’elle a traversée étant enfant, s’applique donc à offrir la plus belle des secondes vies aux ouvrages qui passent entre ses mains. Seconde vie, qu’elle, n’a pas eue.
Loveday n’a pas d’ami(e). Elle ne veut pas se mêler aux autres, créer des liens. Seul Archie paraît avoir une importance manifeste pour elle, en dehors de son petit appartement, et de la librairie bien sûr.

iopElle a bien eu une aventure avec Rob, mais ça n’a pas fonctionné. Maintenant, l’idée, c’est plutôt de l’éviter, car depuis qu’il a été conduit, l’amoureux transis n’a de cesse de vouloir lui prouver son amour (comprendre : la harceler).

Elle aurait pu devenir amie avec Mélodie, sa collègue à la librairie, mais leurs personnalités diamétralement opposées ne font que leur rappeler à chacune leurs différences, ce qui n’aide pas vraiment au rapprochement.

Loveday n’a pas (plus) de famille non plus.
Depuis son enfance les choses sont claires : elle ne peut compter que sur elle-même.
C’est donc dans cet état d’esprit que la jeune femme voit les jours s’écouler, au risque de s’enfoncer dans une grande solitude (et de préférence, en se voilant la face, à force de se convaincre qu’elle n’a besoin de personne).

Et vient le moment que vous attendez, ce moment où j’écris les mots suivants :

Et puis un jour…

Un jour c’est Nathan, magicien-poète-porteurdefoulards, qui entre dans la librairie. C’est une rencontre tout simple, pleine de maladresse et de justesse à la fois, bien loin des clichés du coup de foudre auxquels on pourrait s’attendre.

A partir de ce moment-là, on se dit comme Loveday, que c’est chouette et on continue la lecture (et elle, sa vie évidemment).

Continuer est la meilleure des idées que moi, vous, et Loveday pouvons avoir parce que les choses vont (vous l’aurez compris) évoluer !
À partir de ce moment-là, un(e ?) inconnu(e ?) va commencer à déposer des cartons devant la librairie. Et dans ces cartons, Loveday va retrouver des moments de sa vie de petite fille, de sa vie d’avant, cette vie dont elle bloque tous les souvenirs pour ne pas subir la violence de l’absence et de la tristesse.
À partir de ce moment-là, Loveday va tout bêtement entreprendre un long chemin vers le souvenir, le pardon et finalement vers la vie.

J’en rajoute à peine si je vous dis que j’ai réellement adoré cette lecture ! Stephanie Butland nous livre ici une belle histoire, avec des personnages très attachants. Je me suis tout de suite projetée dans l’atmosphère de cette petite bourgade anglaise, j’ai imaginé marcher dans ses rues, passer les portes du café pour en ressortir et traverser jusqu’à la librairie de ce bon vieux Archie.

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D’ailleurs, est-ce parce que les films anglais des années 90 ont trop bercé mon enfance, mais pour moi, il est en fait le jumeau de Gareth dans Quatre mariages et un enterrement

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(Autant dire que c’est déjà un argument suffisant pour que vous fonciez sur ce livre selon moi)

Je ne suis à la base pas trop friande des récits « feel-good », qui manquent parfois trop de matière à mon goût (ce qui n’enlève rien à leur aspect qualitatif, entendons-nous bien) mais le livre de Stephanie Butland est pour moi l’exemple parfait du bon dosage.

Les personnages ont chacun leur caractère, leur histoire, et ce mélange ne tombe jamais dans le « trop » ou le « pas assez ». L’écriture est simple mais juste, l’histoire est pleine de sensibilité sans verser dans le pathos.
Alors oui, le suspense n’est pas insoutenable (mais est-ce vraiment ce que l’on demande à ce livre ?) et le scénario se dessine rapidement sous nos yeux, mais l’autrice parvient à surprendre, au gré de petits détails semés, au gré du cheminement de Loveday.
Au final vous l’aurez compris, vous avez une lecture très agréable, drôle et émouvante. Un très bon moment en somme 🙂

Qu’est ce que vous faites encore là ? Vous avez un livre à lire dites ! 

Le Joli

 

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9 réflexions au sujet de “J’aime tout ce qui me rappelle que je ne suis pas seule à souffrir sur cette terre”

  1. Quelle jolie chronique ! Ça me donne en tout cas très envie de découvrir ce roman qui doit beaucoup parler aux amoureux des livres (heureusement, nous n’avons pas tous eu une vie aussi compliquée que celle de Loveday !) Rien que la couverture nous crie « lis-moi ! »… Je note le titre 😉

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  2. C’est le genre de bouquins qui me ferait normalement fuir (surtout avec un titre à rallonge comme celui-là, j’ai ds préjugés), mais quand je le croiserai, je me dirai qu’il a pas l’air mauvais 😉

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