Cinéma

Prénom : Al, Nom : Pacino

Longtemps, le cas Al Pacino m’a rendue sceptique. Etant insensible à ses charmes, je me suis toujours demandée comment l’homme pouvait bénéficier d’autant de considération. Puis, je me suis dit qu’avant de le mettre de côté, il fallait avant tout se pencher un peu plus sur son cas. Alors, j’ai pris mes films sous le bras et c’était parti : Le Parrain, Donnie Brasco, Serpico, L’Épouvantail sont venus compléter ma vision unique de Scarface.

Une chose est sûre, Alfredo James Pacino a su s’entourer : de Coppola à Lumet, de De Palma à Schaztberg, Pacino pèse dans la balance rien qu’en ayant tourné à leurs côtés. Pour ma part, Scarface ne m’avait pas emballée plus que ça, son air arrogant m’agaçait et c’est sûrement pour cette raison que je n’ai pas eu envie de lui donner plus de crédit.

La petite pépite qui m’a réveillée c’est L’Épouvantail de Jerry Schatzberg. La folie et la tendresse de son personnage suffisent à vous en faire tomber amoureuse. Une délicatesse enfantine qui sert à merveille le propos, qui lui donne du corps et du relief et ce, rien que par le formidable duo qu’il forme avec Gene Hackman. Deux paumés aux ambitions différentes mais pas plus extravagantes l’une que l’autre, qui vous prennent aux tripes et surtout, au cœur. A voir absolument pour découvrir un vrai et bon film d’auteur, qui révèle dans sa totalité le talent de Pacino.

holding-al-pacino-best-and-worst-film-momentsLe Parrain, c’est à presque 30 ans que j’ai pris le temps de voir ces 3h de film. Et pourquoi ai-je attendu si longtemps? Surement à cause de mon a priori sur Al, mais sincèrement quelle bêtise. Chef d’oeuvre évidemment. Réalisation, photographie, scénario, musique et surtout comédiens. Brando sans en douter, mais Pacino aussi, indéniablement. Son arrogance ne trouve d’égal que dans son élégante nonchalance, mêlées à son jeu sobre et subtile. Il incarne parfaitement ce petit novice, devenant génie, de la pègre et c’est à cet instant précis que j’ai compris. Pacino, c’est cette dose d’insolence mélangée à la justesse, au savoir faire des grands.

Difficile d’enchaîner après un titre si fort et si réussi, mais j’ai laissé la place à Donnie Brasco de Mike Newell, connu notamment pour Le Sourire de Mona Lisa, de Quatre mariages pour un enterrement mais aussi Prince of Persia ou Harry Potter et la coupe de feu. Un réalisateur qui brasse autant de genres peut, malgré tout, avoir ses faiblesses et j’ai trouvé que la direction d’acteur chez Donnie Brasco était assez limite. Johnny Depp est lisse, Pacino est montré sous un jour plus âgé, moins impactant, mais notre intérêt est là. Pacino est bon, toujours dans la mafia et ses magouilles, il joue un homme peu important, pion d’un plus gros bonnet et c’est intéressant de le voir à cette place après Le Parrain. Le voir sur le déclin, plus sensible, confiant et apeuré, accordant à l’âge les valeurs et la tendresse qui s’y rattachent, donnent ici un exemple de ce que peut donner l’œil insolant italien du monsieur. Cette histoire vraie, adaptée ici par Newell, vaut quand même le coup pour la confrontation FBI vs PÈGRE, les touches d’humour et la fausse moustache de M. Depp.

Puis, vint le temps de Serpico, classique de l’acteur et du réalisateur Sidney Lumet (qu’il retrouvera d’ailleurs pour Un après midi de chien deux ans plus tard), qui, il faut TV-ce-soir-on-traque-la-corruption-avec-Serpico-l-un-des-grands-roles-d-Al-Pacinol’admettre, a un peu vieilli et montre bien son ancrage dans les années 70. Comme souvent chez le réalisateur, on débarque dans un environnement policier et judiciaire et, comme pour The Offence ou Douze hommes en colère, il prend bien le temps d’implanter son propos (comprendre : quelques longueurs). Al Pacino, alias Franck Serpico, sort fraîchement de son école de police, devient officier et se confronte (sans surprise) à la corruption des agents et à leur lien avec (plus aucun suspens) la pègre. A partir de là, il se battra pour rester intègre et faire éclater le scandale. Alors, oui la mise en scène est travaillée, oui voir Pacino se transformer en hippie torturé et déboussolé impressionne, oui le sujet est bien servi et est terriblement actuel mais j’ai trouvé le film moins puissant que les autres. Même si on a le miroir du Parrain, l’acteur incarne l’exact opposé de son rôle de Michael Corleone, on doit bien avouer que son aura fonctionne mais trouve, à mon sens, moins d’intensité chez Lumet que chez Coppola.

Soyons clairs, il me faudrait approfondir la filmographie d’Al Pacino mais force est de constater qu’il semble abonné aux rôles qui touchent, de près ou loin, aux ambiances italiennes et armées. Ça lui va bien et son air à la fois impertinent et sensible savent rayonner selon les rôles. C’est avec plaisir que j’ai pu le découvrir à l’écart de tout cela dans L’Épouvantail (que je ne saurais que trop conseiller), qui pour moi a le mérite de dévoiler d’autres de ses qualités, même s’il est impensable de ne pas saluer la superbe prestation du Parrain. Ainsi, mon avis sur ce grand monsieur a changé, et tant mieux ! Même si j’appréhende un peu sa capacité à sortir, ou non, de sa zone de confort, j’espère être de nouveau surprise prochainement par sa maîtrise.

P.S : Mea culpa Al d’avoir douté un peu de toi.

La Moustache

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2 réflexions au sujet de “Prénom : Al, Nom : Pacino”

    1. Parfait, merci pour ces recommandations, je vais essayer de voir ça vite :)!!
      (Bon le prochain Scorcese, je ne sais pas encore si je le boycotte ou pas, vu qu’il a décidé de ne même pas le sortir en salle, je m’interroge encore)

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