BD, Littérature

Instants BD #4

Ça commence à devenir un petit rendez-vous régulier et ça n’est pas pour me déplaire, me revoilà donc avec une quatrième sélection de BD à faire découvrir à vos petits yeux ébaubis !

7305FE64-3460-4FA7-BBE2-755E84DC84C7.jpegJ’avais commencé par vous parler du livre de Pierre Lemaître, puis de son adaptation au cinéma par Albert Dupontel. Il ne me restait plus qu’à découvrir la BD pour que la boucle soit bouclée.
C’est désormais chose faite et c’est avec un plaisir non dissimulé que je me suis plongée dans le travail de Christian De Metter au dessin dans l’univers du Maître (vous l’avez ?) toujours au scénario, paru aux éditions Rue de Sèvres.
L’histoire d’Au revoir là-haut, vous la connaissez (non ? mais que faites-vous encore là ?), c’est celle d’Albert et Edouard. Les deux amis sont d’anciens poilus qui, au sortir de la guerre, sont devenus plus encombrants qu’utiles à une société qui cherche à se reconstruire avec un seul mot d’ordre : honorer les morts glorieux mais aussi, et surtout, avancer. Alors forcément, ce n’est pas ce duo improbable, modeste comptable un peu bêta d’un côté et fils de bonne famille/gueule cassée de l’autre, ne fait rêver personne. Puisqu’il faut bien vivre, et puis aussi parce qu’ils veulent leur revanche, les deux compères vont spéculer sur leur propre malheur et monter une arnaque à l’échelle nationale… !

J’ai beau savoir que Pierre Lemaître est derrière chacun des supports de cette histoire (puisqu’il a également participé à l’écriture du scénario du film de Dupontel), j’ai l’impression (et le plaisir) de tout redécouvrir à chaque fois, et je crois que je ne m’en lasserai jamais.
Le film d’Albert Dupontel avait rendu cette histoire presque lumineuse, chaque couleur était soigneusement choisie, le trait de Christian De Metter lui rend toute sa sombre dimension. Dans les deux cas, le parcours d’Albert et Edouard est sublimé. La bonne surprise, c’est que là où Dupontel (et Lemaître ?) avait choisi une certaine douceur, De Metter et l’écrivain ont décidé de respecter ce qui m’avait particulièrement marquée à la lecture du roman : les dernières pages de l’histoire.
Me voici donc en paix, et comme je le disais plus haut : la boucle est bouclée !

****

24AFD9FB-0AF7-4CE9-8F4E-82E65F4A94BBFaisons maintenant un détour par la Clinique de la Chesnaie si vous le voulez bien, et suivons Jeff Pourquié et Aurélien Ducoudray dans la découverte de ce lieu bien singulier et leur rencontre avec La troisième population.
La Clinique de La Chesnaie est ce qu’on appelle une clinique en milieu ouvert. Fondé en 1956 par le Dr Claude Jeangirard, cet établissement de référence en matière de psychothérapie institutionnelle accueille une centaine de personnes de tous les âges souffrant de troubles mentaux divers et nécessitant des soins.
Aurélien Ducoudray et Jeff Pourquié se sont immergés durant plusieurs mois au sein de cette communauté (parce que c’est le mot) unique où patients et soignants partagent les lieux, les activités, les tâches collectives et les petits tracas de la vie quotidienne.

Habitant à quelques dizaines de kilomètres, je connaissais la Chesnaie « de réputation », comme on dit. On m’avait parlé de ce lieu unique, un endroit où la différence entre les soignants et les soignés n’était pas toujours évidente à faire, au moins visuellement (puisque que là bas, pas de blouses blanches !). La différence parlons-en justement.
Si j’avais quelques connaissances sur ce lieu, elles restaient cependant très limitées, et restaient « canalisées » sur une chose : la différence entre moi et les personnes vivant dans cet endroit. Et cette différence, sans me faire particulièrement peur, m’impressionnait beaucoup et surtout, m’intriguait. Sans connaître leurs motivations profondes, j’imagine qu’Aurélien Ducoudray et Jeff Pourquié se posaient également pas mal de questions à leur arrivée à la Chesnaie.

Leur BD, qui retrace leur passage dans ce lieu hors du commun, est un témoignage qui transpire d’humanité et d’humanisme, et a fait tomber toutes les barrières invisibles que j’avais pu ériger plus ou moins consciemment dans mon esprit. On les suit dans leurs rencontres avec des personnes hautes en couleurs, des personnalités uniques. On oublie la maladie pour ne voir que l’humain, dans toute sa complexité.

Je vous invite réellement à découvrir cette BD, éditée chez Futuropolis, mais aussi d’aller plus loin en découvrant l’histoire de la clinique de la Chesnaie et de la psychothérapie institutionnelle.

Je vous laisserai découvrir par vous-même, qui sont les première, deuxième et troisième populations… 🙂

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Pour terminer ma petite sélection hebdomadaire, j’aimerai aussi vous parler de la très chouette BD de Marion Duclos, Victor & Clint, parue aux éditions La Boîte à Bulles.
0354661C-A91C-4E6A-B6DF-59403FD77648Victor est comme bon nombre d’enfants de son âge, il aime faire de sa vie une grande aventure. Alors quand il se coiffe de son chapeau, il devient Clint, cow-boy du Far West !
Dans cet univers qu’il taille sur-mesure pour chacune de ses épopées, les parents sont désormais Shérif, les vélos de fidèles chevaux, et les brutes de l’école sont les redoutables frères Ringo !
Ces deux-là donnent beaucoup de fil à retordre à notre héros. Leur dernière crasse ? Le vol de la monture de notre cow-boy. Mais ce dernier n’a pas dit son dernier mot, et aidé de son acolyte-alcoolique Willy Brown (qui n’est autre que le vieux Basile Castagne), il part à leurs trousses, bien décidé à en découdre une bonne fois pour toute !

Marion Duclos signe ici une très belle ode à l’enfance, mêlant l’innocence du jeune âge à la parfois dure réalité de la vie. On passe un très bon moment avec Clint, jeune casse-cou au grand cœur, à la répartie cinglante et hilarante une fois son chapeau de cow-boy vissé sur la tête.

Bonne lecture !

Le Joli

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10 réflexions au sujet de “Instants BD #4”

  1. Mes parents ont la BD d’Au revoir là-haut, il faut que je la lise la prochaine fois que j’irai chez eux ! Je ne sais pas si tu l’as déjà lu, mais Christian de Metter a aussi adapté Shutter Island en roman graphique et, comme pour Au revoir là-haut, c’est fou comme livre-film-roman graphique se complètent ! Un trio parfait !

    Jamais entendu parler des deux autres BD, mais La troisième population m’intéresse énormément. Plein de questions et de découvertes en perspective.
    Victor & Clint a l’air d’une bien jolie BD pleine de tendresse ! A découvrir à l’occasion.
    Pour l’instant, pas de chance, le réseau incluant la bib de mon village ne les possède pas. Peut-être que mon nouveau lieu de travail les aura…

    Aimé par 2 personnes

    1. Ah c’est bon à savoir ! J’ai beaucoup aimé le coup de crayon de Christian de Metter donc forcément tu m’intéresses ! (pour changer 😀 )

      Je te souhaite de découvrir les autres aussi, je savais que La troisième population t’intéresserait, et Victor & Clint est vraiment sympa 🙂

      Aimé par 1 personne

    1. Personnellement je te conseille vraiment de commencer par le roman, qui est très beau (et d’enchaîner avec sa suite, qui est géniale ahah !).
      Le film apporte une dimension visuelle très chouette, en tout cas il s’approchait beaucoup de ce que j’avais moi-même imaginé lors de ma lecture. Après, il manque forcément des choses, mais c’est un peu le jeu des adaptations !
      La BD est vraiment très chouette mais reste aussi le support le plus synthétique donc je trouverai dommage de commencer par ça, mais je ne suis pas objective sur cette histoire ahah !
      En tout cas je pourrai te prêter le roman si tu veux 🙂 (et la BD est dispo dans la bibliothèque du boulot !)

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